Démences précoces : quid des proches aidant ?
Une des nombreuses difficultés du proche aidant est l’acceptation.
Acceptation de la maladie du conjoint, de son absence et aussi
acceptation de sa propre blessure ; en prendre conscience, la
reconnaître et ne pas tomber dans la fatalité, dans la soumission.
« On confond souvent acceptation et soumission. Or la soumission est
le fait de se mettre sous l'autorité de l'objet. Quelle déchéance pour
l'homme et quelle source de révolte contre l'objet !» (François
Ledoux, thèse de doctorat en Médecine,1960).
C’est grâce à la réceptivité consciente que le proche aidant pourra
reconnaître et accepter cette blessure et ainsi, garder sa sérénité
dans l’accompagnement du malade.
Ainsi, les pulsions d’agacement, n’auront plus lieu d’être. Ce sont
des choses à éviter car ressenties par le malade et culpabilisantes.
Deux émotions souvent confondues car étroitement imbriquées.
Elles peuvent se manifester de manière aiguë, générant un conflit
intérieur risquant d’être somatisé.
1- La honte d’avouer le placement en établissement.
Cette honte peut être exacerbée par des stéréotypes associés à la
prise en charge des malades, où le proche aidant se sent perçu comme
un abandonneur, plus que comme un protecteur cherchant le meilleur
pour le malade.
2- La culpabilité de se débarrasser du malade :
En parallèle, la culpabilité apparaît comme une réaction intense face
au sentiment de l’abandon du malade. Elle engendre un questionnement
moral : "Ai-je fait le bon choix ? Suis-je égoïste de chercher un
soulagement pour moi-même ?" Ainsi, le proche aidant lutte avec l’idée
que le placement est synonyme de rejet, renforçant l’idée qu’il se
débarrasse de la responsabilité qui lui incombe.
La première étape pour surmonter ces sentiments est l’acceptation.
Reconnaître ses émotions et en comprendre leur origine permet de les
neutraliser par les exercices d’éliminations de la méthode.
En somme, bien que la honte et la culpabilité puissent profondément
influencer la décision de placer un proche en institution, accueillir
et reconnaître ses émotions, éliminer les effets nocifs de ces affects
offre un chemin vers la réconciliation intérieure. Le proche aidant
pourra envisager l'avenir avec d’avantage de sérénité.